Nadal, Monfils, Murray… ces joueurs marqués par la douleur
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Lorsque Rafael Nadal, Gaël Monfils ou Andy Murray s’écroulent après un point épique, on applaudit leur combativité. Mais on oublie souvent qu’en dehors des caméras, ils mènent une bataille constante contre leur propre corps. Les ampoules, les tendinites et les micro‑traumatismes font partie de leur quotidien.
Rafael Nadal incarne sans doute le mieux cette lutte. En vingt‑deux ans de carrière, l’Espagnol a accumulé plus de trente blessures recensées. Ses genoux, ses abdominaux, ses poignets et ses pieds ont souvent été en souffrance. Pourtant, ce sont ses mains qui illustrent le mieux la réalité : bandées méticuleusement avant chaque match, elles témoignent de callosités profondes, de brûlures et d’ampoules récurrentes. Son rituel n’est pas une superstition, mais une nécessité pour pouvoir tenir sa raquette liftée.
Gaël Monfils, showman du circuit, a également adopté le strapping systématique. Ses doigts sont recouverts de bandes adhésives qui protègent la peau et maintiennent les articulations. Son jeu spectaculaire, ses plongeons et ses frappes puissantes soumettent ses mains à une forte contrainte. À 38 ans, vainqueur à Auckland en 2025, le Français prouve qu’une gestion minutieuse de son corps peut prolonger la carrière, mais au prix de soins constants.
Andy Murray a vécu des situations similaires. On se souvient de la finale de l’Open d’Australie 2013, où ses pieds bandés étaient insensibilisés pour lutter contre des ampoules. À Roland‑Garros, il a dû faire face à des douleurs plantaires et à des strappings systématiques. Pour lui aussi, chaque reprise d’entraînement nécessitait un protocole de préparation des pieds et des mains.
Ces histoires montrent que l’abandon sur blessure n’est que la partie émergée de l’iceberg. Beaucoup de joueurs adaptent leur prise pour éviter la douleur, ce qui peut entraîner des blessures en cascade : tendinite du poignet, douleur à l’épaule, tennis elbow. Le strapping et les bandages sont des solutions temporaires ; seule une approche globale de la prévention et de l’innovation permettra de réduire la souffrance des champions.