Tous les sports portent des gants, sauf le tennis : pourquoi ?

Lorsqu’on observe les sports où l’on saisit un équipement, une constante apparaît : le gant ou la mitaine est la règle. Le golfeur utilise un gant fin qui améliore l’adhérence et protège la main. Les cyclistes portent des mitaines pour amortir les vibrations du guidon et éviter l’engourdissement. Les joueurs de baseball utilisent des gants pour mieux tenir la batte et absorber l’impact d’une balle lancée à plus de 140 km/h. Dans les salles de fitness, les haltérophiles protègent leurs paumes avec des gants, tandis que les rameurs, les pratiquants de CrossFit et les grimpeurs utilisent des protections spécifiques.

Seul le tennis reste une exception notable. La réponse officielle tient au « toucher » : la sensation tactile entre la main et le grip est perçue comme essentielle pour ajuster la prise entre le service, le coup droit et le revers. Toutefois, cet argument peut être nuancé. Les golfeurs doivent doser un putt à quelques mètres avec précision ; les cyclistes ont besoin de sentir leurs freins dans une descente sinueuse ; les batteurs de baseball doivent ressentir la rotation de la batte au moment de l’impact. Ces sportifs utilisent des gants sans perdre leur finesse gestuelle.

Si les gants sont absents du tennis professionnel, c’est d’abord une question de culture. Le tennis est un sport conservateur, où l’étiquette et la tradition ont longtemps dicté la tenue et les accessoires. Historiquement, porter un gant pouvait être perçu comme un signe de faiblesse ou d’amateurisme. Certaines fédérations ont aussi hésité à autoriser un équipement jugé potentiellement avantageux. Enfin, la transpiration et la chaleur ont longtemps posé problème : un gant qui retient l’humidité rend la prise glissante.


Pourtant, les technologies ont évolué. Les gants de cyclisme utilisent des matériaux respirants et des inserts en gel, offrant une excellente adhérence. Les innovations en mesh, silicone texturé et tissus « quick dry » pourraient être adaptées au tennis. Les rares tentatives passées, comme le gant porté par Cliff Drysdale dans les années 1960, n’ont pas pris parce que les surgrips et antivibrateurs semblaient suffisants. Aujourd’hui, le padel — cousin du tennis en pleine expansion — voit déjà émerger des protections pour les mains. Peut‑être sera‑t‑il le cheval de Troie qui fera évoluer les mentalités.

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